23/01/12

"EN 2012, PLACE AU PEUPLE !"


Vendredi 20 janvier s'est tenue une réception amicale à l'occasion des voeux pour 2012 de la section romillonne du PCF. Intervention de Fethi Cheikh, son secrétaire :

"En ces premiers jours de  2012 permettez-moi de vous présenter, au nom des communistes de la section de Romilly-sur-Seine et de ses élus, tous mes vœux de santé, de prospérité et de bonheur.  Dans le contexte actuel, marqué pour de plus en plus de citoyens, par d’importantes difficultés de vie quotidienne, les vœux de la nouvelle année peuvent parfois sembler bien dérisoires au regard des attentes réelles. Soumis aux affres de la précarité qui se décline en chômage, bas salaires, petit boulots, mal logés, mal nourris, mal soignés... de plus en plus de gens ne vivent que dans l’immédiateté, perdant toute confiance dans le lendemain et tout réel espoir d’une autre vie.

Pourtant, cette situation n’est pas inéluctable. Elle n’est surtout pas la seule issue possible comme tant de gens bien pensants arpentant les allées du pouvoir voudraient nous en convaincre. Les mauvaises conditions de vie ne sont pas le fruit du hasard, elles ont une cause.  Elles résultent de choix pensés et effectués en toute connaissance de cause. Ces choix sont ceux des défenseurs et des profiteurs d’un système actuel d’organisation de la société qu’est le système capitaliste. Ce capitalisme, décliné aujourd’hui sous sa forme financière, elle-même poussée aux limites extrêmes. L’argent pour toujours plus d’argent, relègue la prise en  compte de l’humain au rang des plus profonds archaïsmes et c’est ce dont tentent de nous convaincre toutes celles et ceux qui se préparent en 2012 à nous tenir le discours de l’austérité, de la responsabilité et du nécessaire sacrifice.


Ce couplet, on le connaît et malheureusement on peut en mesurer un peu plus chaque jour les effets. C’est lui qui est idéologiquement aux racines de la crise que nous vivons aujourd’hui. C’est lui qui pousse à toujours économiser plus sur les dépenses publiques et sociales. C’est lui qui, par une course effrénée au profit, casse l’emploi (2 millions d’emplois industriels supprimés en 30 ans, 10 % de baisse de la part des salaires dans le PIB, des milliers d’emplois publics disparus), des services publics au bord de la rupture, des privatisations massives et toujours la crise. Une crise qui s’aggrave et qui s’approfondit, les perspectives de croissance pour 2012 étant des plus sombres avec une prévision de quasi récession en France et une croissance de 0,5% en Europe. Et on nous annonce en ce moment même le projet de déclassement de la note AAA de plusieurs pays de la zone euro dont la France, ce qui laisse supposer de nouvelles cures d’austérité et de nouvelles difficultés conduisant à nous enfoncer encore un peu plus dans la crise. Il faut vraiment arrêter cette machine infernale.


Et l’arrêter, c’est s’attaquer vraiment à la question de l’argent, à sa répartition et son utilisation et sans se tromper de cible. Ce n’est pas le quotient familial qui est à l’origine de la crise aujourd’hui, ce n’est pas en fusionnant l’IR et la CSG pour faire payer encore plus les couches  modestes et moyennes  et en déresponsabilisant toujours plus socialement les entreprises qu’on apportera une solution efficace et durable. C’est ce qui se fait depuis plus de 30 ans et on voit où cela nous conduit. Les Grecs en font plus que nous encore la cruelle expérience.


Stopper cette dérive dangereuse c’est s’attaquer à la question des financements et de l’utilisation de l’argent. Car de l’argent, il y en a mais il est mal réparti et surtout utilisé contre le développement des capacités humaines et pour la finance.  En 2011, les entreprises du CAC 40 auront réalisé  95 milliards de bénéfices contre 83 mds en 2010. Elles en auront distribué en dividendes 45%, soit 39, 7 Mds contre 37 Mds en 2010. Ces mêmes entreprises du CAC auront supporté 318 mds de charges financières, (dividendes, frais d’opérations bancaires et boursières). N’est-ce pas là qu’il faut porter le fer, n’est-ce par ce bout qu’il faut commencer à changer les choses et en profondeur ? Et les rémunérations des patrons des grands groupes continuent à se porter comme des charmes. Comment changer vraiment si on ne prend pas très au sérieux la question des financements, ce qui suppose d’intervenir pour une autre l’utilisation de l’argent provenant de la création richesses créée, un autre rôle du crédit et des banques, une autre politique fiscale. Là réside les clés d’une vraie alternative.


Alors que la politique gouvernementale comme celle de l’Union Européenne pousse aujourd’hui comme jamais dans le sens d’un allégement massif des prélèvements publics et sociaux sur la richesse créée, en faveur des prélèvements financiers, il faut d’urgence inverser cette tendance pour s’attaquer à ce cancer. L’année 2012, c’est chacun le sait, une année électorale. Nous entrons donc dans un temps fort de débat sur les enjeux politiques réels, sur les options de chacun pour répondre à la situation et tenter d’offrir une alternative. Malheureusement, pour l’instant cela n’en prend pas véritablement le chemin. De faux débat en vraies convergences, le peuple a du mal à s’y retrouver et c’est Mme Le Pen qui en profite.


Nous sommes pour que le plus large débat irrigue la société, pour que les vrais problèmes soient mis sur la table et traités. Le Parti communiste, membre du Front de gauche, veut avec ses alliés faire de ce rassemblement un point fort d’ancrage, de construction d’une nouvelle politique pour notre pays, pour nos concitoyens. Il veut offrir une vraie perspective de changement en s’appuyant sur la plus large participation citoyenne possible. Une participation qui ne se limite pas à une aide matérielle mais qui associe vraiment chacune et chacun à l’élaboration d’un projet politique à la fois crédible et radical pour transformer la société. C’est le sens des initiatives publiques que lance le Front de Gauche,  c’est le sens des propositions programmatiques contenus dans le Programme Populaire Partagé qui ne sont pas à prendre ou à laisser, mais qui sont à travailler, renforcer, amender.

En 2012, ici à Romilly, nous voulons affirmer comme au plan national notre attachement au service public et à son développement, un développement qui ne relève pas d’un dogme mais qui représente pour nous un des vecteurs importants du changement de politique. A Romilly, les communistes ont toujours œuvré dans le sens de l’intérêt général. C’est pourquoi nous serons attentifs, combatifs à la politique de saccage des services publics mené par le Maire UMP Eric Vuillemin. Ainsi, les communistes seront sur tous les fronts pour défendre les intérêts de la population. Au plan local, nous réaffirmons comme toujours notre volonté à créer les conditions pour changer la majorité municipale mais dans le respect et sur la base d’objectifs clairement précisés, débattus et définis avec et par la population.


En conclusion,  je veux réaffirmer le souhait et la volonté du Parti communiste, de ses élus, de ses militants, de ses candidats du Front de Gauche aux élections législatives de porter un discours radicalement offensif et d’offrir une autre vision du monde, des rapports humains et sociaux. Non seulement nous sommes convaincus qu’il est possible et urgent de faire autrement mais nous en avons les moyens à partir de propositions concrètes permettant de créer les conditions d’un autre système où l’HUMAIN aura la primeure.

En 2012, place au peuple et à ses mobilisations que nous souhaitons voir couronnées de succès dans la rue comme dans les urnes."

0 commentaires: