02/08/2012

COUT DU TRAVAIL : UN PROBLEME, VRAIMENT ?

De la récente conférence sociale aux plans massifs de suppressions d’emplois, le patronat pousse les feux sur le “coût du travail”. Un chant des sirènes auquel le nouveau gouvernement n’est pas insensible.


Depuis l’annonce des coupes sombres qu’il s’apprête à pratiquer dans les effectifs de son groupe, Philippe Varin, le patron de PSA, se répand dans tous les médias pour demander une «baisse massive du coût du travail en France». P. Varin a perçu une rémunération de 3 253 700 euros en 2010 et de 1 302 700 euros en 2011 ; pour information. Pour ne prendre que l’exemple de l’industrie automobile, ce coût du travail, soi-disant exorbitant et qui ne pèse que pour 10% dans le prix de revient, n’empêche pourtant pas le japonais Toyota de produire en France, à Onnaing dans le Nord des voitures destinées à être exportées vers les USA. Dans une étude comparative, publiée au printemps dernier, l’INSEE relève que «dans l’industrie automobile le coût horaire allemand est le plus élevé d’Europe. Il est en particulier supérieur de 29% à celui observé en France : 43,14 euros contre 33,38». Quant au coût salarial unitaire dans l’industrie (qui tient compte de la productivité du travail), il est pratiquement équivalent dans les deux pays et diminue en France comme en Allemagne (-0,5% en France par an, -0,7% en Allemagne).