27/01/2013

COUR DES COMPTES : OFFENSIVE GENERALE CONTRE L'EMPLOI

Dans un contexte où le chômage atteint en France des records, où le président de la République a fait de l'inversion de la courbe du chômage l'essentiel de son objectif pour 2013, la Cour des comptes vient de rendre public son rapport sur le marché du travail. 

Clairement inscrit dans les accords de sécurisation de l'emploi refusés par la CGT et FO, mais entérinés par les organisations patronales, MEDEF en tête, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, le rapport vise à inciter à l'adaptation de cette politique publique de l'emploi aux mesures préconisées dans l'accord du 11 janvier 2013. Chaque élément clé de cet accord interprofessionnel y est traité, alors même qu'il doit faire l'objet d'une transposition dans la loi et donc faire l'objet d'un débat parlementaire par la représentation nationale.

En réalité, la Cour des comptes fournit avec ce rapport une trame très orientée contre les chômeurs et l'emploi en vue des renégociations de la convention Unedic, prévues cette année. Dans le même temps, le rapport s'inquiète de l'explosion du chômage en France, qui rend déjà caduc la promesse de François Hollande sur l'inversion de la courbe du chômage à la fin de l'année. Et il recherche par tous les moyens à freiner le niveau des dépenses d'indemnisation des chômeurs d'ores et déjà prévisible, au nom de la maitrise des déficits publics. A la grande joie du patronat.

Ainsi, la Cour des comptes préconise le retour à la dégressivité des allocations de chômage supprimée sous le gouvernement Jospin et dont M. Gautier-Sauvagnac du MEDEF, alors président de l'Unedic, disait déjà en 2005 : «la suppression de la dégressivité des allocations en 2000 a été une erreur». Le rapport lance aussi l’idée d’«inciter à la mobilité géographique ou à la diminution du salaire» afin de limiter les durées d’indemnisations, et estime que l’actuel système d'indemnisation du chômage est «plus protecteur que dans d’autres pays». Pas un mot, en revanche, sur les 30 milliards annuels d’exonérations de cotisations sociales patronales, dont on a pu constater l’inefficacité pour l’emploi, mais qui creusent les comptes de l’Unedic sur fond de chômage galopant, et alors qu'un tiers de cette somme (selon les chiffres donnés, 9,5 milliards de déficit) permettrait de remettre les comptes de  l'Unedic à l'équilibre.

Après les accords de "sécurisation" de l'emploi, ce rapport ouvre un front supplémentaire dans la grande offensive menée par le patronat contre l'emploi et les chômeurs. On regrette une fois de plus l'appui que lui donne le gouvernement. Les Français n'ont pas voté pour cela en mai dernier.