28/01/2013

CYCLEUROPE : QUEL AVENIR ?

Une nouvelle fois, l’entreprise romillonne se trouve menacée et les salarié-e-s dans l’inquiétude.

La première décision des actionnaires du groupe a été de se séparer de l’usine de Machecoul en la cédant à un repreneur. A Romilly dans la dernière période, une vingtaine d’emplois ont été supprimés dans le cadre de ruptures conventionnelles ; du chômage est imposé et maintenant, il est question de licenciements.

Les responsables : les politiques d’austérité et les stratégies de délocalisations pour le profit.
Pour la direction, la situation actuelle serait dûe à une baisse des commandes. Une question mérite donc d’être posée : cette baisse des commandes ne serait-elle pas organisée pour développer les importations réalisées par le groupe Grimaldi ? A l’évidence, on ne peut pas nier les conséquences des politiques d’austérité imposées par les différents gouvernements aux peuples européens, tout comme les politiques patronales de bas salaires. Loin de nous sortir de la crise, l’austérité nous y enfonce.

Plus de difficultés pour le grand nombre, c’est moins d’activité, plus de chômage et de licenciements.
A cela s’ajoutent les politiques européennes dont l’objectif est de faciliter la course aux profits du grand patronat et des banques. Ainsi, en 2010, il a été décidé de faire tomber ce qui restait des mesures anti-dumping qui protégeaient encore un peu le marché du cycle européen. Déjà en 2007, les élus communistes, Joë Triché, conseiller général, et Pierre Mathieu, vice-président du conseil régional, avaient alerté sur les dangers graves d’une telle mesure. Alain Bocquet, président du groupe des députés communistes, était intervenu auprès du ministre de l’industrie de l’époque. Depuis 2010, le marché du cycle est donc complètement libéralisé pour permettre la fabriquation totale des vélos dans les pays à bas salaires. Fabriquer des vélos à Romilly et garantir l’emploi, c’est possible ! Malgré une crise du système capitaliste qui fait mal à la consommation des ménages, en 2011, le CNPC - Conseil national des professions du cycle - indique que les ventes de cycles, d’équipements et d’accessoires ont progressé de 5%. Elles se sont élevées à 1,350 milliard d’euros. Avec près de 3 200 000 vélos vendus en 2011, la France est le 3ème pays européen consommateur de cycles, après l’Allemagne et le Royaume-Uni. Mais sur ces 3 200 000 vélos, 2 590 000 ont été importés, seulement 610 000 ont été fabriqués ou assemblés dans notre pays. Rien ne justifie donc une casse de l’emploi et une baisse de l’activité sur le site de Romilly en dehors de la volonté du groupe Grimaldi d’aller chercher ailleurs plus de facilité pour augmenter ses profits. Il n’y a aucune fatalité à la situation actuelle.

La mobilisation va être à nouveau nécessaire car il s’agit de la pérennité du site et de tous les emplois. 
La section de Romilly du PCF avec ses élus est, comme en 2006-2007 (mille personnes à vélo dans les rues de Romilly), disponible pour y travailler avec d’autres. D’ores et déjà, nous exigeons des pouvoirs publics dans l’Aube un moratoire sur les licenciements qui pourraient intervenir pour permettre, avec les salariés et leurs représentants syndicaux, avec les élus, l’employeur, les banques et organismes de crédit, la recherche de solutions garantissant l’emploi, l’activité et la pérennité du site de Romilly.