08/04/2013

"UN MOUVEMENT S'EST FAIT JOUR EN FAVEUR DE LA GESTION PUBLIQUE"

A quelques jours de sa venue à Romilly, Christophe Lime, maire-adjoint de Besançon chargé de l'eau et de l'assainissement, a répondu à nos questions.

- Si on voulait faire de l’humour, on pourrait dire que la “vague” des retours à une gestion publique de l’eau et de l’assainissement se transforme en “déferlante”.
Christophe Lime : En effet, depuis plusieurs années, le débat public se polarise en France autour du mode de gestion des services d’eau et d’assainissement. Après des décennies de domination d’un "modèle français" de l’eau, caractérisé par la présence de grands groupes privés, un mouvement s’est fait jour en faveur de la gestion publique. Grenoble en 2000, Neufchâteau en 2001, Paris 2010… le retour en gestion publique a concerné plus de 2,8 millions d’habitants supplémentaires entre 2009 et 2012. Pour l’eau potable, la population desservie en gestion publique serait passée de 28 % à 34 % entre 2004 et 2012. D’autres collectivités ont d’ores et déjà annoncé un retour en gestion publique pour les années qui viennent (Aubagne, Valence, Nice, Rennes, Bordeaux, agglomération du Pays de Montbéliard…). Certains pays (Belgique, Allemagne, Pays Bas, Norvège…) ont conservé dans le giron public la quasi-totalité de la gestion de ce service. Mieux encore, la Suisse a inscrit le principe de la gestion de l’eau dans sa Constitution. Et en Italie, à l’occasion du référendum du 13 juin 2011, les électeurs ont de la même façon refusé la privatisation de la gestion de l’eau dans le pays.

- Cette tendance qui touche donc la France et de nombreux autres pays s’explique-t-elle par des mêmes motifs ?
Christophe Lime : Les raisons d’un retour en régie pour les collectivités qui le choisissent sont souvent diverses et multiples. Volonté de transparence, maîtrise du prix, amélioration de la qualité du service, préservation des ressources, diminution des naissances liée aux pollutions etc. Environ 800 contrats arrivent à échéance chaque année et ce chiffre devrait augmenter grâce à l’arrêt «Olivet» qui va conduire à écourter certains contrats. Pour aider des collectivités à revenir en gestion publique, mais aussi pour améliorer l’efficience de celles qui gèrent depuis des années ce bien indispensable, nous avons créé la Fédération Eau Publique (FEP) sous l’autorité de la Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies (FNCCR). Le débat sur chaque renouvellement et contrat doit associer les élus, les services mais tout particulièrement la population concernée. C’est à elle de décider de son avenir, nous sommes là pour lui apporter tous les éléments pour avoir un débat riche et constructif.