24/07/2013

LIGNE SNCF PARIS-TROYES-BELFORT :
SUPPRESSION DE SIX ALLERS-RETOURS DONT DEUX IMMEDIATEMENT

Pierre Mathieu, vice-président du Conseil régional en charge des transports, des infrastructures et de la mobilité durable, appelle à la "mobilisation générale pour défendre l'intérêt du territoire du sud de la région, déjà non desservie par la grande vitesse."

Dans un communiqué, il indique : "Le comité de suivi de la qualité de service de la ligne Paris-Troyes-Chaumont-Belfort, sous responsabilité de l'Etat depuis janvier 2011, vient de se réunir sous la présidence de Daniel Bursaux, directeur de la DGITM. Sans plus attendre et compte tenu de leur extrême gravité, je tiens à rendre publiques les décisions annoncées et en préparation.

Ce comité de suivi, dont le Conseil régional demandait la réunion depuis de nombreux mois, a été convoqué “à la va-vite” en pleine de période de congés, dans des conditions inadmissibles (invitations parvenues les 19 et 20 juillet pour une réunion se tenant à Paris le 23), sans ordre du jour, sans document préparatoire et sans même de documents remis en séance ! Cette façon de procéder explique certainement l'impossibilité dans laquelle se sont trouvés de nombreux élus, dont ceux de l'Aube particulièrement concernés, de participer à cette réunion. Mais le plus grave et le plus préoccupant sont les décisions annoncées au cours de ce comité de suivi, à savoir l'annonce de la suppression immédiate et définitive des deux allers-retours actuellement suspendus pour cause de difficultés dûes à la vétusté du matériel roulant.

P. Mathieu interrogé par France 3 
le 23 juillet (clic sur l'image)  
Début de l'interview à 3'34 mn.
Pire, l'annonce positive d'un investissement de l'Etat de 500 millions d'euros, pouvant être porté à 600 millions d'euros, pour le remplacement des machines thermiques au plan national, dont celles de la ligne Paris-Troyes, s'accompagne de l'annonce d'une réduction de 6 allers-retours entre Paris et Troyes pour le service 2016, par rapport au plan de transport actuel. La capitale de l'Aube passerait ainsi de 15 allers-retours quotidiens en semaine à 9 ! à l'est de Troyes, les villes seraient aussi lourdement pénalisées puisque Chaumont, par exemple, ne se verrait plus desservie, au mieux, que par 6 allers-retours contre 11 aujourd'hui ! Toutes les villes intermédiaires, dont Romilly-sur-Seine et Nogent-sur-Seine, se trouveraient aussi pénalisées alors même que le trafic y est en forte croissance.

J'ai fait part de la manière la plus claire de l'opposition résolue du Conseil régional de Champagne-Ardenne sur ce scénario, d'autant plus inacceptable que les collectivités se sont mobilisées pour le TGV-Est et se mobilisent ensemble encore plus fortement au plan financier dans le cadre de l'électrification, des pôles d'échanges des gares de Troyes et de Chaumont, de la mise en accessibilité des gares.

Conformément à la loi, j'ai demandé à l'Etat que les collectivités soient explicitement consultées sur les projets envisagées et puissent disposer de tous les éléments au-delà de la réunion de ce jour [23 juillet - ndlr], dont la réelle motivation était l'annonce, en catimini et à la veille des congés, d'un désengagement massif de l'état pour notre territoire que les usagers, les acteurs sociaux économiques, les élu-e-s des territoires ne sauraient laisser faire sans réagir vivement et rapidement. Afin de donner à l'ensemble des acteurs concernés les informations nécessaires et défendre l'intérêt de nos territoires, une réunion conjointe exceptionnelle des CLAD* de l'Aube et de la Haute-Marne sera organisée début septembre."

* CLAD : Comité Local d'Animation et de Développement des transports régionaux. Piloté par le Conseil régional, il regroupe aux côtés de la SNCF, de représentants de l'état, des représentants du personnel de la SNCF, les associations d'usagers, de parents d'élèves, d'étudiants, les parlementaires et élu-e-s des collectivités territoriales concernés, les acteurs sociaux-économiques. Ils ont ouverts à toutes les personnes intéressées.