16/08/2013

"REBOND" D'ACTIVITE ? A ANALYSER DE PRES SANS ANGELISME

Suite à la publication par l'INSEE d'un rebond de l'activité de 0,5%, le ministre de l'économie Pierre Moscovici voit des "signes encourageants de reprise". Ce rebond, plus fort que prévu, est à analyser de près, sans rien occulter et sans angélisme.

Remarquons d'abord que ce ne sont pas les dépenses d'investissement des entreprises qui expliquent ce rebond d' activité : elles se sont repliées de 0,5% pour le sixième trimestre consécutif. D'ailleurs, faute de débouchés et en réaction à un crédit demeurant toujours trop sélectif, le nombre de défaillances d'entreprises demeure très élevé. Ce sont les dépenses de consommation qui ont tiré l'activité au deuxième trimestre et, plus particulièrement, les dépenses en énergie des ménages du fait de l'hiver rigoureux. Comment ? L'épargne de "précaution" existante, du fait de la faiblesse des salaires, pensions et retraites, a très certainement été mise à contribution. Sur le front de l'emploi, la situation reste très préoccupante. Pas de "signes encourageants de reprise" avec un secteur privé qui a enregistré 27 800 suppressions nettes d'emplois. Le taux de chômage dans l’hexagone est désormais de 10,4%. Selon le FMI, à politique économique inchangée, il atteindrait 11,2% en 2013 et 11,6% en 2014.

En réalité, le frémissement du deuxième trimestre n'annonce pas une sortie en fanfare de la récession. Pour une véritable relance, une sortie de crise durable, notre pays doit engager, dès la rentrée, un changement de cap de la politique économique, par l'emploi, les salaires, l'investissement public, avec une vraie sécurisation de l'emploi et de la formation, un relèvement des revenus du travail et de remplacement, une mobilisation nouvelle du crédit. Selon l'INSEE, la croissance du PIB pourrait être nulle au troisième trimestre et de 0,1% au quatrième. Au total, l'INSEE prévoit que le PIB de la France reculerait de 0,1% cette année. Pour en finir avec tous les docteurs Diafoirus, qui prédisent une croissance nulle ou une stagnation lente et longue, il s'agit d'engager le changement en affrontant les puissances de l'argent.