24/12/2015

"ON VOUS DEMANDE SEULEMENT UN PEU DE COMPASSION"

Il a choisi le jour, celui de Noël pour délivrer son message. Un appel à tous les peuples afin que les valeurs de partage, d'humanité se traduisent en actes. 

Abdullah Kurdi, le père du petit Aylan dont le corps sans vie retrouvé sur une plage turque avait bouleversé le monde entier, a souhaité s'exprimer, au nom des 4 millions de Syriens qui ont fui le pays, dont plus de 3 500 sont morts noyés en tentant de s'échapper par la mer.

Dans le message diffusé par une chaine anglaise, il tient d'abord à rappeler qui il est, et d'où il vient : « Syrien, de Kobané, Kurde ». « Nous, Syriens, quittions notre pays à cause de la guerre. Nous craignons tous pour nos enfants, notre honneur. Il y a les bombes-barils, les explosions et aussi Daesh. Nous avons des centaines de milliers de problèmes. »
« Avec ma famille, nous avons embarqué à Bodrum pour aller en Grèce, espérant ensuite gagner l'Allemagne ou la Suède. Nous étions sur le bateau depuis 4 ou 5 minutes lorsqu'il a chaviré et ce qui devait arriver arriva. Mes fils Aylan, Galeb et ma femme Rehanna sont morts noyés. Je les ai enterrés à la maison, chez moi, rappelle-t-il. Je veux aider les enfants car ils ne savent que rire et jouer. Nous devons en prendre soin et nous occuper d'eux. Alors voilà mon message : je voudrais que le monde entier ouvre ses portes aux Syriens.
Claquer la porte à la figure de quelqu'un, c'est très difficile à vivre. Lorsqu'une porte s'ouvre, on ne se sent plus  humilié. En cette période de l'année, je voudrais demander à chacun de penser aux douleurs des pères, des mères, des enfants qui cherchent la paix et la sécurité. On vous demande simplement un peu de compassion.
Je vous souhaite une très bonne année. Espérons que l'an prochain la guerre s'achèvera en Syrie et que la paix règnera sur le monde », conclut-il.

Kobané en ruines

23/12/2015

ETAT D'URGENCE :
LA DÉRIVE SÉCURITAIRE DE FRANCOIS HOLLANDE

Bornons-nous à prendre l’empreinte du paysage politique et regardons avec une gravité extrême ce que même le quotidien le Monde appelle « le virage sécuritaire de François Hollande ». 

Le projet de révision de la Constitution, qui a reçu, avec des réserves, l’aval du Conseil d’État, était examiné le 23 décembre en Conseil des ministres. Après un “pas de deux” sur la déchéance de nationalité, François Hollande a choisi de la maintenir, cheminant non pas sur les terres de la droite mais bien sur les fumiers empuantis de son extrême. Reste néanmoins l’essentiel, qui, s’il était adopté, risque d’inoculer à notre démocratie un poison lent sinon mortel : la constitutionnalisation de l’état d’urgence.

Cette situation d’exception n’a strictement aucune pertinence dans la durée et témoignerait, au contraire, d’une dérive d’autant plus menaçante qu’elle viendrait buter sur l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. » En effet, le « régime civil d’état de crise », dont parlait François Hollande devant le Congrès et qu’il veut nous imposer, signifie mécaniquement que le juge judiciaire, gardien des libertés individuelles, serait remplacé de fait par un régime administratif à la main du gouvernement.

ESPAGNE : PODEMOS BOUSCULE LE PAYSAGE POLITIQUE

Podemos, la jeune formation de Pablo Iglesias a connu une ascension fulgurante, moins de deux ans après sa fondation. Le bon score de la gauche citoyenne a ouvert une nouvelle ère politique.

L’entrée fracassante aux Cortès de Podemos, qui a totalisé pas moins de 5,18 millions de voix et 69 députés aux récentes élections générales espagnoles, confirme que la camisole austéritaire européenne se déchire dans les pays du sud du continent. Après la Grèce, on a pu le constater récemment au Portugal avec l’avènement surprise d’un gouvernement socialiste soutenu par le Bloc de gauche et le Parti communiste (PCP). Le nord n’y échappe pas non plus : accession de Jeremy Corbyn à la tête du Parti travailliste anglais et un Sinn Féin qui pourrait créer une autre surprise en Irlande en 2016.

La force de se rassembler
Et cela, malgré que les tenants de l’austérité se soient acharnés cet été à faire un exemple de la Grèce. L’austérité à l’espagnole, comme ses sœurs grecque et portugaise, trébuche sur un obstacle qu’à tort elle a cru levé : une dynamique populaire d’indignation et de transformation. En outre, les élections du 20 décembre ont ébranlé l’édifice institutionnel accaparé par deux partis, le Parti populaire (droite) et le PSOE (socialiste) ; un bipartisme bien cadenassé où les coquins trouvaient facilement des copains.
La solution de diversion imaginée par la bourgeoisie madrilène avec Ciudadanos, un parti porteur d’une critique néolibérale du système, n’a pas empêché Podemos, ses alliés et Izquierda Unida, de rassembler un quart des voix. Les propositions de ces derniers ne pourront être ignorées, au moment où tous les scénarii de gouvernement sont ouverts. Au-delà des Pyrénées, la gauche de transformation vient de démontrer qu’aucun peuple n’est condamné à se replier dans le coup de gueule haineux. Ceux qui l’ont soutenue, ce sont les jeunes et les salariés, les forces vives sacrifiées sur l’autel de la finance et de la rente. Ils ont trouvé, malgré la brutalité de la crise espagnole et sa cohorte de méfaits, la force de se rassembler, enracinés dans des mobilisations locales qui ont su converger.

17/12/2015

SMIC : C'EST LE MÉPRIS QUI "NE PEUT PLUS CONTINUER COMME CELA" !

Le soir du second tour des élections régionales, le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a réclamé une inflexion de la politique gouvernementale, notamment en faveur des précaires, car, selon lui, ça "ne peut plus continuer comme cela". 

Peu de jours avant, la CGT, FO, la CFE-CGC et la CFTC demandaient au gouvernement "un coup de pouce" à la hausse du SMIC permettant de dépasser l'augmentation automatique. Deux demandes faisant échos à l'appel du PCF et du Front de gauche pour une sortie des politiques d'austérité salariale et sociale et pour des dépenses nouvelles. Le chef du gouvernement a choisi d'ignorer ces appels. Dans son allocution au soir du second tour, Manuel Valls a confirmé qu'il accélérerait le train des réformes libérales que son gouvernement a engagées.

Quelque soit le message des urnes, l'exécutif ne compte donc pas infléchir sa politique d’austérité sociale. Pour la 3ème année consécutive, il ne donnera pas non plus de coup de pouce au Smic, le salaire minimum qui concerne 1,7 million de salariés du privé (11,1% d’entre eux). Avec, compte tenu du mode de calcul, une petite concession de +0,1%, tout de même, qui “boostera” le Smic... à +0,6%, soit une augmentation de 9,10 euros brut par mois. Cadrée dans la logique austéritaire, la ministre du travail, Myriam El Kohmri, juge que «dans le contexte actuel, [...] un coup de pouce n’est pas la meilleure solution pour augmenter le pouvoir d’achat, compte-tenu de ses effets sur le coût du travail et donc l’emploi.» La ministre s’est toutefois dite sensible aux fins de mois difficiles dans les foyers modestes et a déclaré qu’elle serait «attentive à ce que des négociations s’ouvrent partout où les minima conventionnels seront inférieurs au Smic.» Une préoccupation touchante mais qui ne changera rien pour les salariés concernés, puisque dans les branches où les grilles de salaires commencent sous le Smic, les employeurs doivent respecter le minimum légal.

09/12/2015

ELECTIONS RÉGIONALES - COMMUNIQUE DE LA FÉDÉRATION DE L'AUBE DU PCF

Dimanche 13 décembre, en se mobilisant bien davantage qu'au premier tour les électeurs de la grande région Est ont évité le pire. L'extrême droite raciste et son idéologie de haine, son programme d'injustice et de discrimination sociale ne seront pas aux commandes de notre région !

Nul doute qu'il aurait été préférable que cette mobilisation se produise dès le 1er tour et que les idées de justice sociale, de transition écologique, de démocratie citoyenne portées par le Front de Gauche soient au cœur de la campagne électorale.

Même si le FN ne dirigera aucune région, sa progression ronge, élection après élection, les fondements mêmes de la République. En cela, immense est la responsabilité des gouvernements successifs qui ont maintenu depuis dix ans, contre l'avis d'une majorité de Français, une politique d'austérité de plus en plus dure et autoritaire, sur l'ordre des vautours de la commission européenne. Comme l'est celle des médias qui, à force de banaliser et de verser jusqu'à l'ivresse le discours du FN, ont fini par laisser penser à une partie des Français que la bête immonde pouvait être caressée. Le Front de Gauche n'a certes pas été aidé par le peu d'intérêt - et c'est un euphémisme - que lui ont porté les médias, mais il doit lui aussi s'interroger, avec l'ensemble de ses composantes, humblement et sans plus attendre, sur les raisons pour lesquelles il n'a pas été entendu.

Il nous faudra, c'est certain, d'autres mobilisations bien plus importantes encore pour qu'adviennent des jours meilleurs pour notre peuple. Le PCF n'y renoncera jamais. Pour cela, il nous faut dès maintenant construire ce grand rassemblement populaire dans lequel se reconnaîtront l'immense majorité des hommes et des femmes de notre pays, qui, face à ce capitalisme qui broie la nature et les hommes, aspirent à vivre mieux dans une société de paix sans haine et sans violence, où les richesses produites par tous doivent permettre à chacun de vivre dans la dignité.